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Sélection Jeunesse
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Monsieur Blaireau et Madame Renarde / Brigitte Luciani.- Dargaud
Monsieur Blaireau et ses fils Carcajou et Glouton vivent tranquillement dans leur terrier. Jusqu’au jour où madame Renarde et sa fille Roussette passent par là pour échapper à de bien vilains chasseurs qui ont détruit le leur, de terrier. Les trois-quatre premières planches plantent le décor, on s’y croirait, vraiment, comme à la maison, toutes les mamans vous diront qu’elles ont les mêmes garçons épuisants. Sauf que monsieur Blaireau, lui, n’a plus de madame Blaireau et qu’il élève seul ses trois enfants (ah, pardon, je n’avais pas précisé qu’il y en avait un p’tit troisième, Cassis, qui prononce ses premiers mots à l’occasion d’une case qui lui est dédiée), et que, puisque madame Renarde n’a plus de domicile, il se propose de la loger...
Bref, en un mot comme en cent, la relation tend vers le durable, et les enfants doivent faire avec. Pas facile… Imagineriez-vous, si vous aviez huit ans et que vous alliez à l’école, que votre papa blanc a le béguin pour une maman noire et que vous avez une nouvelle sœur de ladite couleur – et vice-versa pour les couleurs, les genres, les religions, est-il nécessaire de préciser ? C’est la problématique à laquelle Carcajou, Glouton et Roussette sont confrontés.
Un sticker sur l’album précise : « Ma première BD ». Ce n’est peut-être pas la première bande dessinée que les enfants liront, mais gageons que cet album les intriguera tout autant qu’il les enchantera. L’histoire est touchante, le scénario est efficace, le rythme tient en haleine, et ça ne fait livre pour enfants, mais bien bande dessinée (et bien dessinée, de surcroît).
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Le Fils qui sauva son père / Robert Giraud.- Père Castor - Flammarion
Un matin, le chasseur Batar et son fils Tchébé s’en vont quérir de la nourriture. En chemin, ils rencontrent successivement un cerf, une fourmi et un poisson en difficulté. Tchébé invite à chaque fois son père à secourir les animaux en détresse qui lui promettent de les aider, s’ils en ont un jour besoin. Ce qui ne finira pas par tarder à arriver.
Cette histoire de respect, de tolérance et de générosité est posée sur les très belles illustrations de Gwen Keraval, qui a su extrêmement bien rendre l’atmosphère des paysages sibériens. Mystérieuses et originales, elles magnifient ce beau conte aux nobles valeurs.
Une belle découverte.
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Petits contes amoureux / Gudule.- Milan jeunesse
Un très bel album pour voyager à travers le monde et ses traditions orales.
Onze contes sont racontés par Gudule et illustrés par Samuel Ribeyron dans cet album pour les petits dès 4 ans.
En Egypte, le lecteur voyage avec Aïcha, la fille d'un cadi et ses trois prétendants ; àMadagascar, il connaîtra l'histoire de Tabo-ada, une jeune princesse très laide qui cherche néanmoins son prince ; en Inde, Gudule nous invite à lire le destin de Balaam et Oumi, deux cœurs amoureux que leurs rêves séparent ; en Bulgarie, l'album s'attarde sur l'histoire du petit bossu qui avait du miel dans sa ruche ; en Turquie nous est donnée à voir l'histoire de la belle Zénobia, fille du sultan, qui met au défi ses prétendants afin de choisir le plus courageux...
Les textes courts sont les témoins des traditions orales de chacun de ces pays. Les illustrations toute en douceur et en couleurs tendres sont un régal pour les yeux.
Ce tour du monde des contes sur l'amour est un plaisir autant pour les yeux que pour l'esprit. Qu'il est bon de regarder les traditions populaires de nos voisins plus ou moins proches et d'y trouver des échos dans nos propres souvenirs d'enfant et des résonances dans nos lectures d'adulte !
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Chaïma et les souvenirs d'Hassan / Valentine Goby.- Autrement jeunesse
Accompagnée de sa mère, Chaïma quitte son petit village marocain pour la France afin d'aider son grand-père vieillissant. Ancien soldat de l'armée française, ce dernier vivote dans un foyer marseillais.
La collection Français d'ailleurs affine ses perceptions de l'immigration française : l'ouvrage se propose ici de mesurer les évolutions sociales d'une génération sur l'autre. Les voix de l'énergique Chaïma et du résigné Hassan s'alternent de chapitre en chapitre. Rapidement intégrée dans son école, la jeune fille culpabilise de laisser son grand-père derrière elle, tandis que ce dernier découvre avec stupéfaction, par le biais d'une journaliste, le film Indigènes et des droits auxquels il n'aurait jamais pensé prétendre. L'aïeul et sa petite-fille se rejoindront finalement, lorsqu' Hassan passera de ses monologues tout intérieurs à la parole enregistrée. Ce docu-fiction vaut autant pour son aspect documentaire – l'histoire mouvementée du Maroc, un début de sociologie de l'immigration – que pour son intrigue, une histoire familiale émouvante. Les illustrations discrètes, comme en filigrane du texte, renforcent cette impression de carnet intime.
Sophie Pilaire
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Le Bonheur est coincé dans la tête / Susie Morgentstern.- L'Ecole des loisirsIl y a des matins comme ça où rien ne va.
Pas envie de se lever. Pas envie de se laver. Pas envie de s'habiller. Pas envie de manger. Pas envie de se dépêcher. Pas envie de marcher. Pas envie de travailler. Envie de rien.
Oui, les enfants aussi ont leurs coups de blues, leurs jours sans. Et ce matin, c’est le cas de Nathan.
Mais parfois, il suffit d'une phrase ou deux pour qu'un jour gris prenne des couleurs.
Un mot d'espoir glissé à l'oreille. Ou mieux encore, ceux qu'on écrit, en vidant son coeur...
Un adorable livre de Susie Morgenstern, qui décrit à la perfection ce qu'un enfant de 7 ans peut ressentir parfois et à quel point il est heureux quand tout se "décoince" dans sa tête. Susie sait coucher sur le papier les émotions des enfants, mieux que personne. Une magicienne des mots.
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Le Père Tire-Bras / Jean-François Chabas.- T. Magnier
Entre écologie et conte, Jean-François Chabas installe ici une histoire qui pourrait être terrifiante. Le Père Tire-bras est un monstre qui mange les enfants pour les éloigner de la rivière. Mais Olivier, qui passe ses vacances chez sa grand-mère, n’y croit pas et décide d’aller visiter le monstre. Capturé, Olivier, par chance, ne peut être manger car le monstre, qui vit dans un univers pollué, n’a plus de dents. Le Père Tire-bras propose alors un échange : la libération d’Oliviercontre le nettoyage de la rivière. A son tour le monstre promet de ne plus manger les enfants. Un mélange de conte fantastique pour mieux sensibiliser les jeunes lecteurs sur les problèmes de pollution.
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L'Ecole du désert / Cécile Roumiguière.- Magnard jeunesse
Au Maroc, Noura habite dans un « douar », un village rural. Il faut une heure de marche dans le désert brûlant pour gagner la ville voisine, Oum Jrane, où se trouve l’école. Plus loin encore il y a Ouarzazate où habite le méchant oncle Mohammed. Tout un été Noura a dû travailler très dur pour cet homme horrible qui n’arrêtait pas de la traiter de feignante. De toute façon, la petite fille est déterminée, elle fera des études et sera médecin, n’est-ce pas « le plus beau des métiers puisqu’il donne le pouvoir de guérir » ? Seulement voilà : Noura est une fille et ses parents, Moussa et Bahia, sont trop pauvres, alors elle n’ira pas à l’école, elle ne portera pas de tablier bleu… « Elle est grande, maintenant, elle doit être raisonnable », tel était déjà le refrain de l’oncle Mohammed. Mais pourquoi Sami, son grand frère, peut-il profiter de l’école et pas elle ? Moussa tente de calmer Noura dont il comprend la détresse. L’enfant, décidée et résolue, s’enfuit de la maison et affronte le désert pour aller convaincre l’instituteur de son bon droit. Pendant ce temps Moussa disparaît : ne supportant pas le chagrin de sa fille, est-il parti pour toujours ?
Cécile Roumiguière construit un joli récit de quête et emporte le lecteur derrière une petite héroïne admirable. On est conquis par la détermination de Noura, par sa ténacité, son courage et sa force. Elle sait que l’école s’inscrit dans le chemin du progrès et de la connaissance. Elle arrive même à convaincre sa mère qu’elle aussi peut apprendre et transmettre : Bahia n’est pas « trop vieille », non, simplement elle a peut-être « peur » de lire… Noura émeut quand, malgré la réussite de son expédition, son cœur se serre à la pensée du père disparu. Elle fait rire quand, visant résolument l’avenir et se voyant déjà docteur, elle prévoit avec humour d’inventer « des chaussures refroidissantes pour marcher sur les sols trop chauds ».
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Oukélé la télé / Susie Morgentstern .- Gallimard
Parce que Stéphane regarde beaucoup trop la télévision, ses parents décident de s’en débarrasser. Enfermée à la cave, elle reste pourtant l’objet de toutes les convoitises de Stéphane qui imagine mille stratagèmes pour la récupérer…
Ne parvenant pas à ses fins, il décide d’en acheter une par ses propres moyens. Il la décore, l’installe dans son armoire, et commence une cure intense de rattrapage télévisuel… Tant et si bien qu’il atteint l’overdose et se dégoûte durablement de la télé…
Susie Morgenstern propose, sous sa plume alerte et drôle, une histoire du quotidien autour d’un objet aussi fétiche qu’encombrant : la télévision.
Pour ou contre, avec ou sans, telle est l’éternelle question. Mais qu’il est difficile de rester insensible aux sirènes télévisuelles !
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